La dette publique n'est pas un frein, il faut une réforme fiscale

Publié le par gac

Deux études publiées par l’agence de notation Standard & Poor’s donnent une image paradoxale de l’Europe. D’un côté les analystes de S&P estiment qu’après une période de faible croissance économique (2001-2005) les grands pays européens semblent entrés dans un cercle vertueux. Et de l’autre, ils pronostiquent que cette embellie n’empêchera pas l’alourdissement du fardeau des dettes des États.

En 1980, la dette publique représentait 20 % du PIB. On en est maintenant à 65 %. L’objectif n’est pas de ne plus avoir de dettes, mais de faire en sorte que la dette soit efficace. Autrement dit qu’elle soit consacrée à des investissements de long terme, qui jouent un effet multiplicateur sur l’ensemble de l’économie. Or aujourd’hui la droite a fait de la dette une dépense parmi d’autres dans le budget de l’Etat, sans que l’on sache à quoi elle sert.

La dette publique rend-elle impossible toute réforme ?

La dette publique c’est plus de 1 100 milliards d’euros représentant 66 % du PIB et signifiant 40 milliards d’intérêts annuels à payer aux créanciers (l’équivalent du budget de l’éducation). 

On connaît le discours de la droite et des libéraux qui préconisent: « gel » des dépenses de l’État, économies massives, baisses d’effectifs dans la fonction publique, obligation de compenser toute dépense nouvelle engagée par la suppression de dépenses équivalentes, … Mais après plusieurs de années de gouvernement UMP rien y fait.

Depuis le début de la campagne, un institut patronal joue les gardiens du temple en calculant systématiquement le coût des engagements pris par les candidats. Les états-majors de Nicolas Sarkozy et de Ségolène Royal se livrent à une bataille sévère sur le chiffrage de leurs programmes, mutuellement suspectés de « déraper » au regard des canons d’une « bonne gestion ». Le candidat de l’UMP, en zélé pourfendeur de l’endettement, tape chaque jour un peu plus sur les fonctionnaires. François Bayrou proclame son intention de « constitutionnaliser » l’obligation de l’équilibre budgétaire. Et la candidate socialiste place, de fait, son programme en matière sociale, au demeurant très limité, sous la contrainte de la dette.

Dans ce concert, le citoyen-électeur est clairement invité à restreindre au strict minimum ses désirs de service public, de retraite, de protection sociale... Aussi longtemps que le fardeau de la dette n’aurait pas été allégé, rien ne serait possible. Mais l’endettement est-il un mal en soi ? La France dépense-t-elle trop ou mal ?

Que faisons nous du vivier économique des grosses entreprises en France, qui font des milliards d’euros de bénéfices ? En 2006, rien que les entreprises du Cac40 ont réalisé 70 à 80 milliards de bénéfices, ne peut-on pas les taxer pour récupérer de l’argent pour les caisses de l’Etat ? Après tout, les cadeaux aux entreprises sont déjà énormes, baisse de l’impôt sur les sociétés de 50% à 33% en 1985, exonération de centaines de milliards de cotisations sociales, …

 

 

 

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http://www.france5.fr/asi/008182/23/141614.cfm#

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