Le PGE se prépare aux européennes

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UE - Après le « non » irlandais, les formations qui composent le Parti de la Gauche Européenne espèrent ouvrir un espace de débat sur les politiques de l’Union.

Le « non » irlandais ouvre-t-il une fenêtre politique pour les partis de la gauche de transformation en Europe ? Les représentants du Parti de la gauche européenne (PGE), qui réunissait ses instances vendredi et samedi au siège du PCF, à Paris, planchent sur la question. Et s’interrogent sur la façon de transformer en mouvement politique le rejet des options libérales qui s’exprime chaque fois que les peuples sont consultés sur la construction européenne. Leur ambition : initier un processus de débat populaire, dont les élections européennes pourraient être une étape, pour réorienter la construction européenne. Leur hantise : ne pas laisser s’ouvrir, comme en 2005, après les « non » français et néerlandais, une période de flottement propre à redonner la main aux promoteurs de l’Europe libérale. « Nous sommes dans une lutte pour réorienter l’Europe. En tant que PGE, nous n’avons pas présenté, après les "non" français et irlandais, de projet alternatif clair. L’enjeu de ces élections européennes sera, au contraire, d’imposer le débat sur une nouvelle Europe », a résumé l’Allemand Helmut Scholz, responsable international de Die Linke. Un débat que le PGE entend nourrir en se dotant d’une plate-forme qui prône, entre autres, l’harmonisation sociale et fiscale, la transformation du pacte de stabilité en « pacte de solidarité » ou encore le contrôle démocratique de la Banque centrale européenne.

Sous une banderole bleue frappée du slogan « Après le non irlandais, changer l’Europe », les participants se sont interrogés sur la stratégie à adopter pour empêcher tout passage en force du traité de Lisbonne. « La sortie de crise doit être déléguée au futur Parlement européen », a proposé le Portugais Miguel Portas, du Bloc de gauche. Une perspective avec laquelle Francis Wurtz, président du groupe GUE-NGL au Parlement européen, s’est dit en désaccord : « Je ne crois absolument pas à l’idée de confier au Parlement européen le rôle d’initiateur d’un grand chantier populaire, a-t-il insisté. Jamais, dans l’état actuel des choses, on ne pourra attendre de la Commission, du Conseil ou du Parlement une transformation profonde de l’UE. La seule façon de faire bouger ce colosse, c’est l’ouverture despace citoyen d’initiative politique. » Problème, a souligné, à sa suite, le Grec Alexis Tsipras, président de Synaspismos : « Les mouvements sociaux ont perdu, ces derniers temps, de leur capacité d’agir. » Un affaiblissement qui n’est pas sans lien, ont estimé certains orateurs, avec la difficulté à faire émerger une alternative politique.

Politiques de compression des dépenses sociales, « directive retour », allongement du temps de travail, retraites, salaires, précarité : les participants, sans véritablement définir de stratégie commune, se sont accordés sur la nécessité de « revitaliser le mouvement populaire en faveur d’une Europe démocratique et sociale » et de nouer des discussions avec les mouvements sociaux, syndicaux, altermondialistes. Pour faire des élections européennes une étape d’un processus plus vaste, visant à donner corps à « une nouvelle construction européenne » en rupture avec « l’orthodoxie de l’économie de marché qui empêche l’Europe de résoudre les crises auxquelles elle est confrontée », selon les termes d’Alexis Tsipras.

 

Rosa Moussaoui

 

Article paru dans l'Humanité, édition du 23 juin 2008

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