Le dernier discours de Chirac Président commenté

Publié le par gac

Mes chers compatriotes de métropole, d'outre-mer, de l'étranger,
Ce soir, c'est avec au cœur l'amour et la fierté de la France que je me présente devant vous.

 

La France est une Nation ardente et indépendante. La France, c'est une Nation engagée pour la justice et pour la paix. C'est une voix qui s'élève au-dessus des intérêts particuliers.

 

La France, mes chers compatriotes, je l'aime passionnément. J'ai mis tout mon cœur, toute mon énergie, toute ma force, à son service, à votre service. Servir la France, servir la paix, c'est l'engagement de toute ma vie.

 

J'aurais voulu, bien sûr, bousculer davantage les conservatismes et les égoïsmes, pour répondre plus vite aux difficultés que connaissent certains d'entre vous. Mais je suis fier du travail que nous avons accompli ensemble. Fier d'avoir restauré avec vous des valeurs républicaines essentielles, comme le principe de laïcité (on le voit avec les femmes voilées en France d’aujourd’hui alors que dix ans plus tôt c’était rarissime). Fier d'avoir conduit des réformes importantes, pour garantir nos retraites ou mieux aider les personnes âgées dépendantes et les personnes handicapées (15 000 morts en août 2003, lors d’une canicule). Fier d'avoir combattu sans relâche l'insécurité et fait reculer la délinquance (en 5 ans + 10 % pour les violences aux personnes). Fier de voir les Françaises et les Français engagés sur les chemins de l'innovation et de l'avenir (après une privatisation partielle d’Airbus en 1999, cette entreprise va licencier 10 000 personnes alors que les carnets de commandes sont pleins). Fier surtout d'avoir montré que, contre le chômage, il n'y avait pas de fatalité (il y aussi la radiation organisée de dizaines de milliers de chômeurs). Même s'il faut aller beaucoup plus loin, le chômage est au plus bas depuis un quart de siècle. La France tient son rang. La France affirme sa place dans le monde.

 

Tout cela, c'est grâce à vous, grâce à votre talent, grâce à votre créativité. Grâce aussi, et je le mesure bien, aux efforts considérables que vous avez consentis.

 

Mes chers compatriotes,
Au terme du mandat que vous m'avez confié, le moment sera venu pour moi de vous servir autrement
(en prison ?!). Je ne solliciterai pas vos suffrages pour un nouveau mandat. D'une manière différente, mais avec un enthousiasme intact et la même passion d'agir pour vous, je continuerai à mener les combats qui sont les nôtres, les combats de toute ma vie, pour la justice, pour le progrès, pour la paix, pour la grandeur de la France (et celle de ses comptes en banque).

 

S'agissant des échéances électorales, j'aurai l'occasion d'exprimer mes choix personnels. Mais ce soir, et au nom de la confiance que vous m'avez témoignée, je voudrais vous adresser plusieurs messages.

 

D'abord, ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre. Dans notre histoire, l'extrémisme a déjà failli nous conduire à l'abîme. C'est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. Tout dans l'âme de la France dit non à l'extrémisme (pas de soutien à Le Pen, ni Besancenot. Ah, Chirac serait-il un vrai républicain ?).

 

Le vrai combat de la France, le beau combat de la France, c'est celui de l'unité, c'est celui de la cohésion. Oui, nos valeurs ont un sens ! Oui, la France est riche de sa diversité ! Oui, l'honneur de la politique, c'est d'agir d'abord pour l'égalité des chances ! (NON ! Pour l’égalité des DROITS, on joue pas notre vie au loto !). C'est de permettre à chacun, à chaque jeune, d'avoir sa chance (un emploi et un logement ce serait déjà mieux). Ce combat, malgré tous les obstacles, et même si je mesure le chemin qui reste à parcourir, il est désormais bien engagé. Il doit nous unir dans la durée. C'est l'une des clés de notre avenir (il prépare déjà la clé de sa cellule ?!).

 

Mon deuxième message, c'est que vous devez toujours croire en vous et en la France. Nous avons tant d'atouts. Nous ne devons pas craindre les évolutions du monde. Ce nouveau monde, il faut le prendre à bras-le-corps. Il faut continuer à y imprimer notre marque. Et il faut le faire sans jamais brader notre modèle français (il parle du modèle social hérité de l’après guerre 45 ?!). Ce modèle, il nous ressemble. Et surtout il est profondément adapté au monde d'aujourd'hui, si nous savons le moderniser en permanence (si moderniser c’est tout casser, NON !). Nous devons poursuivre résolument dans la voie de la réforme, en faisant toujours le choix du travail, de l'innovation et de l'esprit d'entreprise.

 

Mon troisième message c'est l'Europe. Lors du référendum, vous avez exprimé vos doutes, vos inquiétudes, vos attentes (et entre autres dit non à une Europe libérale, c’est entendu ?!). Il est vital de poursuivre la construction européenne. Les nationalismes qui ont fait tant de mal à notre continent peuvent renaître à tout moment. Et ce n'est pas seuls que nous ferons face aux bouleversements économiques du monde. La France doit affirmer l'exigence d'une Europe puissance. D'une Europe politique. D'une Europe qui garantisse notre modèle social. C'est notre avenir qui est en jeu. Portons toujours cet idéal et cette volonté.

 

Mon quatrième message, c'est que la France n'est pas un pays comme les autres. Elle a des responsabilités particulières, héritées de son histoire et des valeurs universelles qu'elle a contribué à forger. Ainsi, face au risque d'un choc des civilisations, face à la montée des extrémismes notamment religieux, la France doit défendre la tolérance, le dialogue et le respect entre les hommes et entre les cultures (et si on défendait aussi la Justice et pourquoi pas le droit internationale). L'enjeu : c'est la paix, c'est la sécurité du monde.

 

De même, il serait immoral et dangereux de laisser, sous l'effet d'un libéralisme sans frein, se creuser le fossé entre une partie du monde de plus en plus riche et des milliards d'hommes, de femmes et d'enfants abandonnés à la misère et au désespoir (c’est le passage altermondialiste). Le devoir de la France, c'est de peser de tout son poids pour que l'économie mondiale intègre la nécessité du développement pour tous.

 

Enfin, il y a la révolution écologique qui s'engage (et ici celui écolo, jusqu’au bout il vaudra nous faire croire, qu’il est un peu de gauche ?!). Si nous ne parvenons pas à concilier les besoins de croissance de l'humanité et la souffrance d'une planète à bout de souffle, nous courons à la catastrophe. C'est une révolution dans nos esprits tout autant qu'à l'échelle mondiale qu'il faut mener. Pour concevoir un nouveau mode de relation avec la nature et inventer une autre croissance. Avec sa recherche, avec ses entreprises, avec son agriculture, avec l'avance qu'elle a prise dans le nucléaire et les choix résolus qu'elle a faits dans les énergies renouvelables, la France a tous les atouts pour relever ce défi majeur du XXIe siècle.

 

Mes chers compatriotes,
Vous l'imaginez, c'est avec beaucoup d'émotion que je m'adresse à vous ce soir. Pas un instant, vous n'avez cessé d'habiter mon cœur et mon esprit. Pas une minute, je n'ai cessé d'agir pour servir cette France magnifique. Cette France que j'aime autant que je vous aime. Cette France riche de sa jeunesse, forte de son histoire, de sa diversité, assoiffée de justice et d'envie d'agir. Cette France qui, croyez-moi, n'a pas fini d'étonner le monde
(surtout si le 22 avril prochain, Marie-George Buffet fait plus de 10%).Vive la République ! Vive la France !

 

Jacques Chirac, président de la République, allocution télévisée du dimanche 11 mars 2007.

Publié dans Elections 2007

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