Soirée des Césars: Pascale Ferran primée défend le statut des intermittents

Publié le par gac

Elle fait entendre l'esprit de résistance.

Pascale Ferran : « Oser prononcer le mot culture »

« C’est l’alliance de nos forces, les talents singuliers qui fabriquent des films. Nous avons un statut qui nous est commun. Certains sont indemnisés. D’autres pas. C’est un statut unique au monde. Pendant longtemps, il a été remarquable parce qu’il permettait d’atténuer la disparité des revenus. C’était un système mutualisé, une forme concrète de solidarité. Depuis longtemps, le MEDEF s’acharne à mettre à mal ce statut. De réformes en nouveau protocole, il a transformé ce système mutualisé en système capitalisé, au point qu’aujourd’hui l’absurdité de ce nouveau système exclut les plus pauvres pour mieux indemniser les plus riches. Cette logique vaut pour le financement des films qui aboutit à une nouvelle fracture entre des films de plus en plus riches et des films de plus en plus pauvres, évinçant les films du milieu, ceux qui, jusqu’à présent, étaient la marque de fabrique du cinéma français et produisaient le meilleur du cinéma. Ce sont ces films du milieu que le système actuel - et les télévisions - s’emploie à faire disparaître. En instaurant un cloisonnement entre les films artistiques, pauvres, et les films de divertissement, riches, le système actuel trahit l’héritage des plus grands cinéastes qui ont fondé la richesse de notre cinéma. Ce nouveau système défait maille après maille le goût des spectateurs, jusqu’ici les plus cinéphiles du monde, en tirant vers le bas le goût du public. Le système de solidarité entre ceux qui font les films est au bord de la rupture.

Peut-être faut-il nous réveiller. Notre amour individuel du cinéma n’y suffira pas. C’est ensemble qu’il faut se battre pour refonder le système d’indemnité du chômage et celui de la production des films. C’est aussi une question de volonté politique : elle est, aujourd’hui, désespérément muette. Il reste cinquante-cinq jours aux candidats aux élections présidentielles pour oser prononcer le mot culture. »

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L
Parout où on a voulu remplacer la démocratie par une autocratie, on a commencé par brimer la culture et le journalisme... ça ne vous évoque rien ???
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<br /> Bien vu !<br /> <br /> <br />