Archives de 1995

Publié le par gac

Que pensez-vous de cet entretien qui date de 1995 ?

Je sens comme une répétition sur la campagne d'aujourd'hui. En 1995, Robert Hue avait fait 8,7 %, j'espère que nous ferons aussi bien et même plus avec la formidable campagne pour Marie-George Buffet.

Guy Lecroq : j’ai beaucoup appris au contact des chômeurs

SECRETAIRE de la section du PCF de Montreuil, Guy Lecroq donne son point de vue sur l’action que les chômeurs et les communistes de la ville mènent conjointement depuis le mois de novembre.

Quels enseignements tirez-vous de cette lutte qui a abouti à ce que 300 familles obtiennent entre 1.000 et 3.000 francs chacune du fonds social des ASSEDIC ?

Dès le départ, les chômeurs ont construit eux-mêmes leur action. La démocratie a fonctionné à plein. Le rôle du PCF a été de les aider, sans aucun préalable. La souffrance, le sentiment d’injustice sont si intenses qu’ils étaient déterminés à aller jusqu’au bout. Nous avons mis à leur disposition nos locaux. Tous les jours, les chômeurs y tenaient une permanence pour remplir les dossiers et pour décider des initiatives à entreprendre. Notre apport a également été de les informer sur le fonds social des ASSEDIC. Tout comme nous avons apporté des éléments politiques : qui décide de cet argent ? Où part-il ? J’ai énormément appris sur la richesse que recèle notre pratique politique et sur ce qu’elle peut rendre possible quand elle est vraiment mise en oeuvre. Avec les chômeurs, nous ne sommes pas partis d’un accord politique, mais des valeurs que l’on a en commun.

 

 

Près de 100 chômeurs sont devenus membres du PCF. Comment êtes-vous arrivé à ce résultat ?

Poser la question de l’adhésion a été un acte naturel. Pour gagner, il faut s’organiser. Etre membre du PCF, c’est retrouver sa dignité, avoir un moyen d’intervention pour obtenir satisfaction. Pour beaucoup de chômeurs, cela n’a pas été de la théorie, mais quelque chose qu’ils ont vécu.

 

 

Vendredi dernier, vous avez trinqué avec les chômeurs à leur succès. Envisagez-vous d’autres initiatives ?

Nous allons continuer les actions pour débloquer les fonds sociaux, décrocher la gratuité des transports en commun, empêcher les coupures d’électricité, les saisies et les expulsions qui reprendront en mars. Parallèlement à ces actions, le PCF va interpeller le comité de chômeurs, les syndicats, les salariés pour chiffrer ensemble les emplois qu’il est possible de créer, principalement dans les services publics. Et réfléchir ensemble aux actions à mener. Il faut toucher du doigt le fait que le chômage n’est pas une fatalité.

 

 

Et le vote communiste ?

Le collectif des chômeurs organise une chaîne pour le vote en faveur de Robert hue. Les candidats à l’élection présidentielle doivent se déterminer par rapport à ce que les gens expriment eux-mêmes. Toutes les luttes de ces derniers mois en France ont montré que les salariés veulent une augmentation de salaire. Ils veulent des créations d’emplois. Le candidat communiste part de cette exigence. Il propose une hausse de salaire de 1.000 francs minimum. Il propose la transformation des emplois précaires en emplois stables et l’embauche des jeunes dans les services publics. Le vote communiste sert à donner une force à ce qu’expriment les gens. Une plus forte influence électorale du PCF obligera toutes les forces politiques du pays à tenir compte de ce que veulent les Français.

 

 

 

 

Recueilli par M. K.

Article paru dans l'Humanité édition du 10 janvier 1995

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Publié dans Elections 2007

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