Les enseignants se mobilisent

Publié le par gac

Éducation . Les candidats multiplient les promesses d’une réforme du système scolaire. Méfiants, les enseignants préfèrent se faire entendre en faisant grève le 8 février.

Les enseignants doutent et le microcosme politique s’affole. Après la fuite organisée du staff de Ségolène Royal expliquant que Monique Vuaillat, ancienne secrétaire général du SNES, rejoignait l’équipe de campagne de la candidate socialiste, information par la suite démentie, Nicolas Sarkozy a tenté vendredi soir d’attirer à lui les suffrages du monde éducatif, traditionnellement ancré à gauche. Lors d’une réunion publique à Maisons-Alfort, dans le Val-de-Marne, le candidat de l’UMP s’est adressé « à l’électeur de gauche », avant d’ériger la morale en valeur suprême d’une réforme du système éducatif. Fustigeant « l’idéologie de 1968 qui a imposé partout le relativisme intellectuel et moral », il a prôné une « révolution de l’école » fondée sur sept grands principes : « la liberté pédagogique, l’autonomie, l’évaluation, la modulation des moyens en fonction des handicaps des élèves, l’orientation, la deuxième chance et la formation tout au long de la vie ». Le tout, en « travaillant plus pour gagner plus ». Mais, a rétorqué Gérard Aschieri, secrétaire général de la FSU, « la première demande, c’est de gagner plus en ne travaillant pas plus et surtout de plus travailler en équipe ».

Quoi qu’il en soit, les 750 délégués du 5e Congrès de la FSU, qui s’est achevé vendredi à Marseille, ont confirmé une forte implication des professeurs et instituteurs dans le mouvement de grève du 8 février prochain pour défendre le service public, l’emploi et les salaires. Gilles Moindrot, secrétaire général du SNUIPP (1er degré), annonce déjà de « nombreuses écoles fermées ». Les milliers de suppressions de postes prévues pour la rentrée 2007, le projet de décret allongeant le temps de travail et instaurant la bivalence des enseignements (deux disciplines), ainsi que les « prescriptions impératives du ministre sur les enseignements » au primaire (lecture, grammaire, calcul) attisent la colère d’enseignants, particulièrement remontés contre leur ministre, Gilles de Robien. Un texte « action » adopté vendredi à 90 % à l’issue du congrès appelle à « donner des suites » rapides à cette journée de mobilisation.

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