Mardi 8 janvier 2008
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Les vœux de la LDH pour 2008 : retrouver la République
En ce début d’année 2008, c’est d’abord aux instituteurs de la République que la Ligue des droits de l’Homme tient
à adresser ses vœux les plus solidaires. A ces instituteurs que le Président de la République, inconscient des devoirs de sa charge, a insultés dans l’homélie qu’il a prononcée le 20 décembre
dernier comme « chanoine du Latran ».
Selon Nicolas Sarkozy, « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le
bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par
l’espérance ».
Le monde est plein de « fous de Dieu » qui, portés par une « espérance » délirante, poussent
leur « engagement » jusqu’à « la radicalité du sacrifice de leur vie »… et de centaines d’autres vies innocentes. Le tout au nom de « la différence entre le bien et le
mal » et de la purification des âmes.
Qu’en tant qu’individu Monsieur Sarkozy mette ces valeurs au pinacle n’est qu’un signe de plus de son ancrage,
derrière l’agitation d’une communication « décomplexée », dans les valeurs les plus traditionalistes de la société française.
Mais qu’en tant que Président de la République française il mette le curé au-dessus de l’instituteur comme
responsable de « la transmission des valeurs », qu’il ignore à ce point ce que sont précisément les valeurs de la République qu’il est censé représenter, témoigne de l’ampleur de la
crise politique et morale qu’aggrave son exercice de la fonction présidentielle.
L’article 1er de la Constitution définit la République française comme
« laïque, démocratique et sociale ».
« Laïque », elle refuse le mélange entre convictions religieuses et exercice des responsabilité s
politiques.
« Démocratique », elle refuse la concentration des pouvoirs entre les mains d’un « Président-Soleil » entouré de « collaborateurs » et de courtisans.
« Sociale », elle refuse la juxtaposition d’un « bouclier fiscal » pour les plus riches et de
la régression du « bouclier social » pour les plus pauvres.
Ce n’est pas seulement dans les jets privés, les yachts et au « Fouquet’s » que s’étale le mépris des
privilégiés pour cette fameuse « France qui se lève tôt ». C’est aussi dans le cynisme avec lequel sont foulées aux pieds, jour après jour, les valeurs républicaines.
La LDH salue donc d’abord, aujourd’hui, ces instituteurs qui, à ses yeux, restent les mieux à même de transmettre
le respect des valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, de laïcité et de solidarité. Et elle souhaite que 2008 donne à tous les Français plus d’occasions qu’en 2007 de retrouver, face au
spectacle que donne la représentation politique, confiance en l’avenir de la République.
Paris, le 3 janvier 2008
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