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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /2007 20:47

Une trajectoire néolibérale impérialiste
Par Gérard Duménil, économiste, directeur de recherche au CNRS (1).

La crise financière du mois d’août a son origine aux États-Unis, dans les pratiques d’institutions financières privées. Ces entreprises sont massivement entrées, depuis peu d’années, dans le secteur du crédit (au logement, mais aussi à la consommation), garanti par l’hypothèque du logement. Elles se sont engagées sur le marché « juteux » des ménages présentant une faible capacité de paiement (« Personne ne veut vous prêter, nous si ! »). Elles financent leur activité en revendant à d’autres agents (particuliers ou fonds, nationaux ou étrangers) des titres qui sont la matérialisation de créances hypothécaires sur les ménages emprunteurs. Cette caractéristique explique pourquoi la crise se trouve « exportée », notamment en Europe, à ceux qui se sont rendus acquéreurs de ces titres (et pourquoi elle affecte la Bourse). Enfin, elles se sont substituées à des agences publiques, fraîchement nationalisées, dont la part du marché est en voie de régression. L’État néolibéral s’est donc privé d’un outil d’intervention dans les mécanismes du - crédit.

Sachant que le taux d’endettement des ménages aux États-Unis est gigantesque, on peut imaginer que la situation n’est pas prête de s’apurer. On prétend que deux millions de ces ménages seraient confrontés à la saisie de leur logement. Le problème est de savoir si les politiques de lutte contre les effets de la crise (la contamination à l’économie réelle et aux autres institutions financières) pourront assurer ce qu’on appelle « un atterrissage en douceur ». Les chiffres, qu’on peut lire dans la presse, correspondant au refinancement des banques par les crédits que leur octroie la Banque centrale (la « politique monétaire »), sont souvent fantaisistes. Aux États-Unis, le montant (le stock) de ces crédits a été porté de 25 milliards de dollars environ à 50 milliards pendant quelques jours. Rien de si fantastique (beaucoup plus avait été fait pour le 11 septembre 2001). On peut néanmoins observer, en fin de mois, une seconde vague de crédits, moins forte mais plus durable, qui révèle une persistance certaine de la crise - une seconde intervention de la FED qui semble avoir peu de précédents. Jeudi 6 septembre, nouvelle injection de 30 milliards, et pour quinze jours. Odeur de roussi ! L’ancien président de la FED, Alan Greenspan fait une déclaration explosive, comparant la situation actuelle à de - redoutables précédents historiques, notamment la panique financière de 1907 (il évite soigneusement d’inclure 1929 dans sa liste). Bien malin celui qui sait combien de temps il faudra pour méner l’assainissement à son terme. Mais il est clair que le gouvernement des États-Unis est complètement engagé à soutenir son économie, ce qui ne signifie pas qu’il métrise tout, notamment la - propagation internationale. Nous ne sommes plus en 1929.

La situation est compliquée, car - de toute manière, crise financière ou pas -, l’économie états-unienne est au bord d’une nouvelle récession. Tous les leviers des politiques de soutien de la production sont tirés (taux d’intérêt des crédits à long terme faibles, déficits budgétaires, dollar bas), si ce n’est que les taux à court terme sont remontés. Probablement pas pour longtemps, mais cela suffira-t-il à éviter la récession ?

En fait, il faut voir dans cette menace de récession et dans la crise financière deux manifestations des problèmes liés à la trajectoire sur laquelle s’est engagée l’économie des États-Unis depuis le début du néolibéralisme (soit plus de vingt-cinq ans) : consommation folle, déficit du commerce extérieur, financement de l’investissement par le reste du monde. Une trajectoire sans précédent, caractéristique de la configuration actuelle néolibérale impérialiste, sous hégémonie états-unienne. La rectification de cette trajectoire sera longue. Elle aura un coût ; crise et récession en sont les premiers épisodes.

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Lundi 24 septembre 2007 1 24 /09 /2007 09:40

Dépêche Agence Reuters

BAMAKO - Adame Ba Konaré, historienne et épouse de l'ancien président malien Alpha Oumar Konaré, a invité dimanche les historiens africains à participer à la rédaction d'un manuel d'histoire sur leur continent destiné à "mettre à niveau" les connaissances de Nicolas Sarkozy sur l'Afrique.

L'invitation, rendue publique lors d'une conférence de presse à Bamako, fait suite aux propos tenus par le chef de l'Etat français en juillet dans l'enceinte de la prestigieuse université Cheick Anta Diop à Dakar.

L'orateur, dont c'était la première visite en Afrique sub-saharienne depuis son élection en juin, y avait affirmé que l'Afrique était à la marge de l'Histoire, qu'elle était immobile, stationnaire.

"Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire. Le paysan africain (...) ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles", avait affirmé Sarkozy devant un parterre d'intellectuels sénégalais.

Pour Adame Ba, dont l'époux préside aujourd'hui la Commission de l'Union africaine, "ce sont des affirmations qui reposent sur des poncifs, sur les théories euclidiennes sur l'Afrique, sur l'imagerie coloniale, qui disaient que l'Afrique n'avait pas d'Histoire, qu'il fallait venir admirer l'enfance du monde en Afrique, que l'Africain était installé dans l'immobilisme et qu'il n' y avait pas de dynamisme dans les sociétés africaines...".

L'historienne a expliqué que sa démarche, qu'elle a qualifiée de scientifique, consistait précisément à produire des connaissances censées s'opposer à des affirmations qui, selon elle, ne reposaient que sur des "pseudo-théories".

"Donc, l'objectif c'est d'inviter mes collègues historiens à produire chacun un article dans son domaine de compétence académique avant fin 2007. Lorsque tous les textes seront rassemblés, nous en ferons un recueil à paraître courant 2008.

"Et nous prendrons les mesures adéquates pour acheminer un exemplaire de cet ouvrage collectif vers le président Sarkozy et les autorités françaises, afin de les mettre à niveau de connaissance avec l'Histoire de l'Afrique", a ajouté l'universitaire.

De nombreux intellectuels africains avaient été choqués par le discours de Dakar du nouveau chef de l'Etat français, dont les thèses avaient été jugées par certains comme condescendantes et dépassées.

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Vendredi 19 octobre 2007 5 19 /10 /2007 14:36
Non seulement la grève d’hier est passé à la trappe sur TF1 car l’info du jour était le divorce des Sarkozy, ce qui a certainement favoriser la reconduction de la grève. Mais en plus, on ne parle que trop peu du nouveau traité européen qui remplace le projet de Constitution européenne.

Ce traité reprend les éléments du libéralisme, alors qu’ils ont été refusés par les référendums de 2005 aux Pays-Bas et en France.

Voici un article du figaro.fr qui explique que ce nouveau traité ne sera pas ratifié par référendum. Les Françaises et les Français ne doivent pas être dépossédé du débat sur l’avenir de l’Europe.

 

 

Les 27 approuvent le traité remplaçant la Constitution

J.C. (lefigaro.fr) avec AFP et AP. Publié le 19 octobre 2007

Le texte de plus de 250 pages a été approuvé vendredi peu avant 2 heures du matin, après d'ultimes concessions aux Polonais et aux Italiens.

De la France à Lisbonne, personne n’a caché son immense satisfaction parmi les dirigeants européens. Les 27 ont en effet approuvé vendredi un nouveau traité remplaçant la Constitution européenne, avec l'espoir d'en avoir enfin fini avec plus de deux ans de crise institutionnelle. «L'Europe est sortie de sa crise institutionnelle et est prête à affronter les défis du futur», s’est félicité le premier ministre portugais José Socrates, président en exercice de l'UE, avant de sabler le champagne avec ses homologues. «Nous avons réussi: le pas politique décisif a été franchi ce soir», a déclaré de son côté la chancelière allemande Angela Merkel.

Le texte de plus de 250 pages a été approuvé peu avant 2 heures du matin, après d'ultimes concessions aux Polonais et aux Italiens, les deux pays qui avaient encore d'importantes réserves sur le texte en arrivant à Lisbonne. «La Pologne a obtenu tout ce qu'elle voulait», s'est félicité le président polonais Lech Kaczynski, qui a acquis depuis son arrivée au pouvoir la réputation de trublion de l'Union européenne.

Le traité devra encore être signé et ratifié dans les 27 Etats membres pour entrer en vigueur, une phase délicate qui devrait durer jusqu'à fin 2008. Objectif ? Une entrée en vigueur au 1er janvier 2009, ou avant les élections européennes du printemps 2009.

 

Rome gagne un eurodéputé

Le traité a été spécialement rédigé pour pouvoir être ratifié sans référendum. Il retient de nombreuses innovations qui figuraient dans la Constitution rejetée en 2005 par les Français et les Néerlandais, mais évite le mot Constitution et supprime tout ce qui semblait donner à l'Union européenne les apparences d'un super-Etat (hymne et drapeau européens, notamment).

Seule l'Irlande est tenue d'organiser une consultation populaire sur ce texte. En Grande-Bretagne, les eurosceptiques en réclament un. Mais le premier ministre Gordon Brown a rejeté ces appels jeudi à Lisbonne.

Après de longs apartés entre Nicolas Sarkozy, Romano Prodi et Lech Kaczynski, Rome et Varsovie ont finalement obtenu satisfaction.

Les frères Kaczynski, qui menaçaient de faire capoter ce compromis, ont ainsi obtenu l'inscription dans un protocole annexé au traité du mécanisme dit d’Ioanina, qui permet de continuer des négociations en cas de mise en minorité d'un pays membre au Conseil européen.

Les dirigeants européens ont aussi accepté de demander à la Cour européenne de justice de créer trois postes d'avocats généraux, dont l’un réservé à la Pologne.

Quant à l’Italie, elle a obtenu un eurodéputé supplémentaire, le nombre d'eurodéputés passant à «750 plus le président» du Parlement, selon l'artifice trouvé par les 27, qui met les Italiens à parité avec les Britanniques et avec seulement un député de moins que la France.

Le texte, incompréhensible pour les non-juristes, devra encore être traduit dans les 23 langues de l'UE. Sa signature est prévue le 13 décembre à Lisbonne.

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