Augmenter les salaires c'est possible et ça ne crée pas nécessairement une augmentation des prix. En 1968, les accords de Grenelle, signés le 27 mai, aboutissent à une
augmentation de 25 % du SMIG (salaire minimum interprofessionnel garanti) et de 10 % en moyenne des salaires réels. Cette augmentation des salaires fit de l'année suivante (1969), une
année très prospère pour l'économie française.
On peut avoir une autre analyse de l'augmentation des salaires qui est peut-être un peu plus théorique, mais le communiste Maurice Thorez, l'explique très bien dans son livre Fils du
peuple (1949) en quelques phrases :
« La hausse des salaires, disait-il(1), provoque aussitôt la hausse des prix et ne procure aux ouvriers
qu’un avantage illusoire. Cette thèse, aussi vieille que le capitalisme qu’elle vise à justifier, a été magistralement réfutée par Karl Marx dans Misère de
la philosophie. Le prix de la marchandise n’est pas affecté par l’augmentation ou la diminution de salaire, puisqu’il est déterminé par la quantité de travail socialement nécessaire à sa
production. Contrairement aux assertions de Proudhon(2), ce qui est affecté, c’est le taux de la plus-value, le profit du capitaliste. Si le salaire diminue, le profit augmente, si le
salaire augmente le profit diminue. On peut donc augmenter les salaires sans qu’il y ait montée des prix, à la condition que l’augmentation des salaires soit compensée par une diminution du
profit. »
Augmenter les salaires c'est un choix politique et c'est une vraie réponse à la baisse du pouvoir d'achat que l'on connait actuellement en France. On est très loin du slogan de Sarkozy "Travailler plus pour gagner plus".
(1) Paul Ramadier (socialiste, 1888-1961)
(2) Pierre-Joseph Proudhon (anarchiste, 1809-1865)
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