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Dimanche 25 mars 2007 7 25 /03 /2007 04:19

Les habitants d'une ville du Médoc refusent ce nom dans leur lotissement.

 

Pour baptiser la rue, le maire avait sollicité l'approbation du conseil municipal. Mais quelques résidents du domaine de la Corderie refusent que l'allée intérieure bordant leurs maisons porte le nom de l'abbé Pierre. C'est un lotissement standard, dans la petite ville de Lesparre, au coeur du Médoc (Gironde), bâti depuis trois ans, avec une vingtaine de maisons, et une rue sans nom. Le 22 février dernier, la décision devait être entérinée en mairie, quand les opposants au projet se sont levés pour protester : «Nous n'habitons pas une cité HLM. Donnez ce nom à vos centres sociaux. Au prix où nous avons payé nos maisons, nous méritons mieux.» Dans ce petit quartier résidentiel, avec pelouses et mur d'enceinte, certains ont donc jugé que la référence au créateur d'Emmaüs faisait trop pauvre.

 

C'est un couple de retraités, récemment installés et ayant acheté leur maison sur catalogue, qui a lancé la fronde. Ils ont expliqué que, «malgré toute leur estime pour l'abbé Pierre» et la noblesse de son action, ce nom devait être réservé «aux catégories qui en ont besoin», or le lotissement ne compte pas de «cas sociaux». En ne mentionnant comme adresse que le domaine de la Corderie, les habitants avaient donc le sentiment de coller à un certain standing, qu'ils perdraient en vivant rue Abbé-Pierre. Pire, selon eux, ce nom pourrait même dissuader d'éventuels futurs acquéreurs, car leur bien serait totalement dévalué. Avec ce nom trop proche du monde des exclus et des mal logés. Au numéro 6, une autre habitante est plus modérée : «On nous a un peu mis devant le fait accompli. Je n'aime pas trop ce manque de concertation. Et c'est vrai que le nom de l'abbé Pierre est plutôt associé à des gens en difficultés. Mais, dans le fond, ça m'est égal, je ne suis pas propriétaire.» Le maire, pour sa part, juge l'affaire «triste et indigne. C'est une réaction lamentable. Ils s'estiment vivre dans une résidence de luxe, et considèrent que l'abbé Pierre, c'est pour les bidonvilles». Envolé les élans solidaires de l'ancienne personnalité préférée des Français. Quoi qu'il en soit, la décision a été votée, et l'élu n'en démord pas, l'allée sera baptisée comme prévu. «Ou alors, je leur propose, s'ils préfèrent, la rue Pinochet !»
Laure ESPIEU

Libération, édition du jeudi 15 mars 2007

Par gac - Publié dans : Sélection articles de blogs
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Mardi 19 juin 2007 2 19 /06 /2007 02:16

La chaîne France 5 a annoncé, lundi 18 juin, qu'elle ne reconduira pas six de ses magazines pour la rentrée, dont "Arrêt sur images", l'émission hebdomadaire de décryptage des médias animée par le journaliste Daniel Schneidermann. Celle-ci sera remplacée par "une autre émission de décryptage", a indiqué Philippe Vilamitjana, directeur de l'antenne et des programmes.

 

Lundi matin, l'hebdomadaire Le Point avait annoncé, sur son site Internet, la suppression d'"Arrêt sur images" et de "Ripostes", l'émission de Serge Moati, qui n'a finalement pas été supprimée. Sur son blog, Daniel Schneidermann déclare qu'il a reçu la confirmation de la non-reconduction de son émission "en fin d'après-midi".

 

"LA PLUS ANCIENNE ÉMISSION DE LA CHAÎNE"

 

"Il faut que vous sachiez que c'est ainsi que les courageux dirigeants de France 5 en ont fini avec la plus ancienne émission de la chaîne, poursuit-il, sans un mot face à face, sans une convocation, sans l'ombre d'une raison donnée." "Quelques minutes après la mise en ligne de l'urgent du Point, le directeur de l'antenne [Philippe Vilamitjana] a appelé notre producteur Alain Taïeb. Il lui a dit : 'C'est une formidable émission, mais elle est usée'", explique M. Schneidermann.

 

Le journaliste dément au passage toute demande de modification de la formule de l'émission de la part de la chaîne. "Sachez que c'est faux. L'homme qui tient le stylo pour signer notre arrêt de mort, et porte le titre de directeur d'antenne, ne nous a jamais fait aucune suggestion que ce soit", affirme-t-il. "Arrêt sur images" avait été créée sur La Cinquième en 1995 et était diffusée sur France 5 depuis 2002.

 

Les cinq autres émissions supprimées par France 5 sont "Etats généraux", émission bi-hebdomadaire présenté par Paul Amar, "Madame, Monsieur, bonsoir" de David Pujadas et Hervé Chabalier, "L'atelier de la mode", "Mondes et merveilles"  et "Ubik, la mensuelle". En remplaçant six de ses 26 magazines, la chaîne souhaite reconstruire "une nouvelle offre pour sa grille de rentrée", a précisé le directeur de l'antenne. Le nom et le thème des nouvelles émissions seront annoncés à la rentrée.

 

LeMonde.fr, le 18 juin 2007 à 20h

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Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /2007 11:11
Souvent, il ne se passe pas grand-chose à la Star Academy entre deux primes.

Bien sûr, il y a les évaluations qui s'efforcent d'instiller un peu de suspense au cours de la semaine et on pourrait en parler. Mais comme celles-ci ne sont pas diffusées en intégralité et que la notation en est plus que subjective, on perdrait son temps. Ceux qui ont de la mémoire (et le loisir de s'intéresser à ce genre de choses) se rappellent comment Pascal, le doyen de la Starac 5, fut miraculeusement sauvé de la nomination, et d'une élimination probable, malgré une prestation calamiteuse. Ils se souviennent aussi de la nomination surprise de Nolwenn. "Attention : on risque de la perdre" déclarait alors gravement Armande Altaï, la prof de chant à la bouche pulpeuse. On aurait dit du Racine.

Bien sûr, il y a aussi toutes les petites mesquineries, les petites jalousies, les petites trahisons inhérentes à la vie d'un groupe, surtout en vase clos, et on pourrait parler de ça. Mais si c'est pour revivre à la télé ce qu'on vit déjà au bureau ou chez soi, c'est pas la peine : autant jouer aux Sims.

Il ne se passe pas grand chose d'intéressant au château, donc. Mais heureusement, Alexia Laroche-Joubert est là et, après des années chez Endemol, elle est passée maître dans l'art de faire des images avec du rien. Pour cela, elle engage de grands professionnels du spectacle. Comme Oscar Sisto, le prof de théâtre qui aimait être applaudi, jamais à court d'idées pour placer ses élèves dans des situations embarrassantes : aboie comme un chien, roule-toi par terre, imite une théière... Comme Kamel Ouali, le plus grand chorégraphe de France, et ses sempiternels exercices d'assouplissement dits "de la tête dans le cul". Comme Raphaëlle Ricci, la sorcière blonde, qui s'y entend pour soutirer des confessions ou arracher des larmes à des adolescents impressionnables, en particulier aux filles, surtout si elles sont un peu trop jolies.

Mais tout ça ne suffit pas toujours. Alors il faut faire preuve d'imagination et Alexia en a. D'abord, on fait venir de vieux artistes qui viennent au château donner des conseils aux jeunes artistes. Ils disent tous un peu la même chose : il faut être soi-même, il faut travailler dur et il faut être humble (avec cette promotion, j'ai l'impression que c'est mal parti...). Ensuite, on organise des activités, un peu comme au Club Med, la mer et le soleil en moins. Ça peut être n'importe quoi, de la cérémonie du thé au ski nautique, du moment que ça fait de bonnes images. Et si c'est un truc un peu à la mode, et que les téléspectateurs de Navarro n'ont jamais vu de leur vie, c'est encore mieux. Danse africaine, slam, tecktonik, tout est bon. Enfin, quand on a épuisé les activités, on sollicite les proches des élèves : les parents bien sûr (c'est là qu'on se rend compte que le fruit ne tombe pas loin de l'arbre) ou des invités plus originaux, comme un fiancé abruti venu du Québec ou un petit chien qui pisse partout.

Toutes ces joyeusetés permettent certes de remplir les émissions quotidiennes mais elles ne sont guère passionnantes. Rien qui vaille la peine d'en discuter dans la cour du lycée ou au bureau devant la machine à café.

Seulement voilà : si, souvent, il ne se passe pas grand-chose au château de Dammarie-lès-Lys, parfois il se passe des trucs. Rappelez-vous ! Lukas, de la Starac 3, qui espionne les délibérations des professeurs (quelle infamie !) et est nominé tout seul. Émilie, de la Starac 4, qui se fait chasser du "campus" par Gérard Louvin à cause d'une soirée un peu trop arrosée qui l'a conduite à l'hôpital. Georges-Alain, de la Starac 2, qui défonce une porte (à défaut du crâne de Nolwenn) et fait une fausse sortie avec son camarade Houcine. Pierre, de la Starac 3, qui fait une vraie sortie en plein prime, partant "comme un prince" après une semaine de suspense où les caméras d'Endemol déboussolées traquaient désespérément les indices. Gaël, de la Starac 6, qui s'en va aussi après une altercation avec Pascal Nègre (on n'a jamais eu le fin mot de cette sombre histoire). Rappelez-vous enfin : Émilie, de la Starac 5, dont le violon chéri fut jeté à terre par des profs blagueurs, qui les insulta devant les caméras et qui fut prise à partie en cours d'expression scénique par une Raphaëlle Ricci transformée en harpie hystérique. Ça, c'était de la bonne télé !

Et cette année, me direz-vous, qu'est-ce qu'on a ? Pas grand chose. Yaëlle qui ferme une porte un peu fort. Sevan qui s'écoute parler. Noémie qui n'est pas touchée par la faim dans le monde et qui ose le dire (ouh, la vilaine). Pas de quoi fouetter un chat. On s'ennuyait ferme. Heureusement, Dojima est là. On le croyait timide, inoffensif et promis à une élimination rapide, quelle erreur ! (sauf pour l'élimination rapide). Sur le plateau du prime, saisi d'une frénésie soudaine, il pourfend Quentin d'une formule lapidaire : "Tu as du talent mais, humainement, tu es une merde !" On ne sait pas trop pourquoi il a dit ça et on s'en fiche. Les forums s'agitent, les têtes bouillonnent, l'audience augmente. La Starac 7 est enfin réveillée.

Naturellement, tout cela va bien au-delà de la personne de l'insignifiant Dojima et de son différend avec Quentin, quel qu'il soit. Dojima a menacé de quitter le château (on nous l'a déjà faite, merci). Il a pleuré au téléphone. Il a été consolé par la directrice. Il s'est excusé platement. Il sera éliminé samedi, ou la semaine suivante au mieux. Et on n'entendra plus jamais parler de lui. Mais il a réussi là où la prod était en train d'échouer, trop occupée à présenter l'écurie de Dammarie comme un vivier d'artistes et la foire de Nikos comme une émission respectable. Si on voulait de l'artistique, on regarderait Taratata. Ce qu'on veut, c'est voir les sentiments - les vrais - mis à nus, les rapports humains exposés dans leur cruelle vérité. Du sang et des larmes. Ce qu'on veut, c'est de la haine.

Merci, Dojima. 

lien sur le blog ou il y a l'article
http://fr.tv.yahoo.com/blog/article/1321/ Dojima-copie-1.jpg
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